ESSENCES

Exposition à l’atelier Jean-Pierre Montaron, La Livinière, France, du 22 juillet au 6 août 2023

Un olivier est visible sur la place de l’Ormeau, au centre du village de Ramatuelle (Var). Bien qu’installé en 1985, cet arbre est presque centenaire. Cette figure familière m’intéresse plus particulièrement depuis un deuil vécu en 2015, après avoir retrouvé deux photographies prises par mon père ; celles-ci montrent l’enfant que j’étais en 1966 dans et devant l’ormeau qui occupait encore la place de l’olivier actuel. La vie du village s’organisait autour de ce vieil arbre creux planté vers 1598 sous Henri IV, sur recommandation de Sully à la fin des guerres de religion. Ce symbole de tolérance et de liberté est mort de la graphiose comme la quasi-totalité des ormeaux au XXe siècle, et il a finalement été abattu en 1983. À chaque retour à Ramatuelle depuis 2015, son image réminiscente et fantomatique se superpose pour moi à celle de l’olivier dressé sur une place qui porte le nom d’un autre arbre. Dans l’olivier vit la mémoire de l’ormeau. Cette sédimentation mentale m’a conduit à enquêter sur celle du monument végétal disparu, et à réunir de nombreux documents et témoignages de ceux qui l’ont connu. Entre réalité et fiction, la série de dessins présentée dans l’exposition Essences propose un portrait transtemporel de l’ormolivier, un arbre imaginaire hybride. 

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An olive tree can be seen in the Place de l’Ormeau, in the centre of the village of Ramatuelle (Var). Although it was planted in 1985, this tree is almost a hundred years old. This familiar figure has been of particular interest to me since a bereavement I suffered in 2015, when I found two photographs taken by my father ; they show the child I was in 1966 in and in front of the elm tree that still occupied the place of the present olive tree. Village life revolved around this old hollow tree, planted around 1598 under Henri IV, on the recommendation of Sully at the end of the Religious Wars. This symbol of tolerance and freedom died of graphiosis like almost all elm trees in the 20th century, and was finally felled in 1983. Every time I return to Ramatuelle since 2015, its ghostly, reminiscent image is superimposed on that of the olive tree standing in a square named after another tree. In the olive tree lives the memory of the elm tree. This mental sedimentation led me to investigate the memory of the vanished plant monument, and to gather numerous documents and testimonies from those who knew it. Somewhere between reality and fiction, the series of drawings presented in the Essences exhibition offers a transtemporal portrait of the ormolive tree, an imaginary hybrid.

Vernissage le 22 juillet 2023