L’ormolivier

FORCES CONFUSES I

Exposition à venir à la Galerie Le Garage, Ramatuelle, du 22 août au 15 septembre 2022

Sur la place de l’ormeau à Ramatuelle se dresse un bel olivier presque centenaire. Je connais cet arbre depuis qu’il a été planté en 1985, mais je m’y suis intéressé davantage à partir de 2015 un peu par hasard, à la suite de décès survenus dans ma famille ramatuelloise, dont ceux de mes parents. J’ai retrouvé deux photographies dans des archives familiales qui montrent l’enfant que j’étais en 1966 dans et devant un arbre creux alors familier : l’ormeau qui précédait l’olivier au même endroit (figures 1 et 2). Cet arbre séculaire, mort de la graphiose comme la quasi-totalité de ses congénères au XXe siècle, a été abattu en 1983[1] ; et à chaque retour à Ramatuelle, son image se superposait pour moi à celle de l’olivier. 

Commencé en 2018, ce projet est né d’une réminiscence, et il se fonde essentiellement sur les interférences entre mémoires individuelle et collective. 

Dans un premier temps, cette sédimentation de la mémoire provoquée par les deux photographies m’a conduit à rassembler les éléments de ma propre histoire et à enquêter sur celle de l’ormeau-monument disparu. En plus de nombreux documents, j’ai réuni des témoignages et retrouvé quelques fragments de l’arbre récupérés par des habitants le jour de l’abattage. Si l’olivier a remplacé l’ormeau en 1985, il se trouve aujourd’hui encore devant le Café de l’ormeau sur la place de l’ormeau, jamais renommés. Dans l’olivier vit la mémoire de l’arbre disparu. Entre réalité et fiction, la série de dessins présentée dans cette exposition propose un portrait transtemporel de l’ormolivier, un arbre imaginaire, à partir de divers documents représentant les deux arbres entremêlés.

Août 2021


[1]. L’ormeau planté en 1598 sous Henri IV sur recommandation de Sully, trônait sur la place comme symbole de tolérance et de liberté depuis la fin des guerres de religion entre Catholiques et Protestants.

Pour FORCES CONFUSES II, voir exposition À la lisière